![]() |
Rechgrundle - Guerrière de Dim Ponn |
Après Alaman et Gorth j'en viens à parler d'un troisième membre de la cohorte divine de Khorne (voire un quatrième, puisque Gotd est déjà présent dans les Sables Périlleux, disponible sur la page Ressources), et peut-être un des plus étranges. Du moins, c'est le pamphlet qui l'indique. Pour plus d'informations sur ledit pamphlet, vous pouvez consulter les deux articles précédents. La miniature ci-contre, qui est celle du champion de Dim Ponn, en l'occurrence une championne, est issue du site solegends.com, que je vous recommande encore une fois si vous aimez les figurines.
Je me rends compte qu'en cherchant à bien distinguer chaque vassal de Khorne, en le ramenant à un type de violence spécifique, j'en viens à leur donner des fidèles présentant certains types de comportements ou de pathologies bien réels. Bien entendu, l'idée n'est absolument pas de dire qu'un comportement est excusable car il viendrait d'une entité cosmique, ou qu'un désordre psychologique serait maléfique. Nous parlons là d'un univers de fiction qui a la particularité d'être aussi bien héroïque que terre-à-terre, et les problèmes psychologiques, la violence et la fantasy s'y mêlent depuis ses origines. Le fait est que les dieux du Chaos, dans Warhammer, sont (en partie) les reflets des pensées et émotions des habitants du monde réel et que ces divinités seront probablement plus attirées par des individus dont les aspirations ou les émotions, à un moment donné, correspondent à leur propre identité. Tout comme leurs fidèles peuvent être attirés par un élément précis neutre ou positif (par exemple, la recherche du plaisir pour Slaanesh, celle du savoir pour Tzeentch), pour être ensuite happés dans une spirale de corruption et de déchéance les entraînant vers leur ruine. La plupart des fidèles des Puissances du Chaos sont donc elle-même des victimes, condamnées à servir ces entités qui les ont bernées.
Les règles proposées sont des tests et, n'en étant pas un spécialiste, je ne sais pas si elles sont viables. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires si ceci vous semble trop faible ou trop puissant.
Dim Ponn
le Faciès Grimaçant, le Grime Éternel, l’Obédience Sincère
A la plus grande surprise de ceux qui pourraient consulter les plus obscurs des ouvrages traitant de démonologie et découvrir son existence et son nom, Dim Ponn est l'incarnation même de la loyauté. Et pourtant, ce dieu du Chaos est bel et bien inféodé à Khorne, la Puissance de la Ruine régnant sur la guerre et le sang. Certains le confondent avec un dieu de l'Ordre car il impose l'obéissance, le respect et la stabilité, mais ceux-ci ne pourraient se tromper d'avantage.
Dim Ponn représente le côté loyal de Khorne. Il en est principalement l’aspect capable d’organiser et de rationaliser les faits et les événements au lieu de détruire aveuglément. Le fait qu’un membre de la cohorte de Khorne puisse représenter d’une certaine manière l’ordre peut sembler absurde et irrationnel, mais les Puissances de la Ruine sont des entités dont les pensées et les actes sont bien au-delà de l’entendement humain et dont la nature recouvre une infinité de possibilités. Le Grime incarne également une partie de l’honneur martial de Khorne, qu’il partage avec Suth et Tuluk, en cela qu’un combat honorable se doit d’être conduit loyalement, sans artifice. Ainsi, Dim Ponn est celui qui punit les tricheurs et les sorciers, ceux qui ne font pas appel à leurs propres talents mais usent de moyens détournés pour vaincre.
Dim Ponn apparaît comme un vieil homme fatigué, ridé et doté d’un visage d’une laideur repoussante dont les yeux témoignent d’une personnalité calculatrice. Il se pare des habits de la fragilité et se présente comme un être affable, un ancien qu'il serait nécessaire d'accompagner, d'entourer et de soutenir dans les moments les plus difficiles. Se départir de sa méfiance envers lui revient à se laisser piéger et ne plus pouvoir rien faire que le protéger. Ses gestes lents et méticuleux dénotent parmi les fidèles du Chaos, mais ces manières qu’il arbore représentent la capacité de Khorne à se projeter sur le long terme au lieu de se laisser aller à l'auto-destruction. Et pour cela, il a besoin de rassurer et de prouver que ceux qui le servent seront, d'une façon ou d'une autre, sauvés. Le Grime est donc le mensonge caché, celui qui assure le peu de cohésion dont peut disposer une culte dédié à Khorne en leur offrant l'illusion de la sécurité et d'un semblant d'esprit de groupe.
Zones d'influence
Dim Ponn est une divinité très présente dans les communautés sédentaires de Norsca, où les hommes partent régulièrement en expédition pour piller ou commercer. Ces périodes sont malheureusement propices aux attaques et aux conflits, car des tribus adverses ou des monstres peuvent en profiter pour s'en prendre aux habitants restés sur place. Dans ce contexte, les femmes norses peuvent se voir contraintes de prendre les armes pour protéger leurs familles et leurs biens. Cette nécessité a donné naissance à l'image de la jeune guerrière au bouclier qui, si elle est moins présente que ne le laisse penser les ballades exotiques chantées dans certaines partie de l'Empire, n'en découle pas moins d'une nécessité bien réelle. Cependant, cette même nécessité peut également pousser certaines de ces femmes à faire preuve d'une agressivité et d'une sauvagerie remarquable pour défendre les leurs. C'est précisément là que Dim Ponn se manifeste, lorsque le besoin de protéger et la loyauté envers autrui devient inextricablement lié à la violence.
En dehors des Désolations et de la Norsca, Dim Ponn se fait plus discret, mais peut répondre aux appels d'une épouse désespérée, d'une sœur aînée vouant à sa vie à protéger sa fratrie d'un père ou d'un mari tyrannique, ou tout simplement en réaction à des violences ou des humiliations régulières. Une femme dont les proches serait régulièrement victimes de la pègre et contraints de leur fournir des vivres ou de l'argent sous la menace de représailles et qui prierait ardemment pour que leurs oppresseurs meurent pourrait attirer l'attention de Dim Ponn et se voir ainsi donner la force de lutter contre l'adversité, quitte à ne plus jamais sortir de cette spirale de violence.
Symboles
Le symbole de Dim Ponn est un masque grimaçant représentant son visage, une duperie et une moquerie destinée à ceux qui sont incapables de croire que le Dieu des Crânes est bien plus qu’un simple tueur. Il représente également la confusion autour de sa nature de divinité du Chaos, et le plaisir que Dim Ponn tire de la croyances de certains qu'il serait en réalité un dieu de l'Ordre.
Ceux qui suivent Dim Ponn en toute connaissance de cause possèdent la plupart du temps un masque eux-mêmes, mais il s'agit plus d'une décoration que d'un véritable accessoire personnel. Les rares adorateurs de Dim Ponn dans les cours et les milieux bourgeois du Vieux Monde peuvent cependant être tentés de l'utiliser lors de bals et de réceptions costumés, dans une démonstration de cynisme et d'arrogance qu'eux seuls comprendront. Dans les milieux moins favorisés ou les pays moins prompts aux mondanités, ce type de masque ne pourrait servir que dans des cérémonies rituelles ou, dans des sociétés très marquées par la guerre, comme un signe de courage et de détermination autant qu'un moyen d'intimider son adversaire.
Tempérament
Dim Ponn est un vieillard paisible et effacé qui n'aspire qu'à sa propre tranquillité ainsi que sa sécurité. Il compense sa laideur par une fausse bonhomie qui endort la méfiance et provoque invariablement un attachement étrange qui lui sert à s'assurer les bonnes grâces de ses interlocuteurs, et surtout un fort instinct familial. Il étend sa préoccupation de sécurité à ses frères divins et à leur maître Khorne, même s'il ne les apprécie pas réellement. Cependant, Tuluk, Suth et Alaman trouvent grâce à ses yeux pour leur loyauté et leur engagement envers leur maître. Dim Ponn est un allié indéfectible de Khorne et, de toute la cohorte de Khorne, il est celui qui en aucune circonstance ne trahira son maître. Seule la disparition de ce dernier pourrait le pousser à prendre une autre voie, et plus probablement trouver un autre maître car, contrairement aux ambitieux, Dim Ponn cherche avant tout à s'abriter dans l'ombre de plus puissant que lui et se rendre indispensable pour éviter le courroux de son protecteur.
Pour autant, Dim Ponn ne peut être considéré comme un entité bienveillante. Sa rationalité et sa capacité d'organisation n'ont pour seul objectif que d'assurer sa propre sécurité, et ce à un niveau maladif. Toutes ses pensées sont tournées vers sa sauvegarde, et par extension vers la sauvegarde de ceux qui le protègent des agressions extérieures. Ce besoin obsessionnel régit son existence, et le moindre de ses gestes est calculé et motivé par le besoin impérieux de survivre. Sa loyauté, bien réelle, n'a d'autre objet que de s'assurer qu'il restera capable de s'abriter sous la tutelle de son maître et reste donc parfaitement intéressée.
Le culte de Dim Ponn
Les fidèles de Dim Ponn sont avant tout des personnes désespérées, lançant des appels à l'aide silencieux ou non et cherchant une protection pour eux et leurs proches. Il s'agit essentiellement de femmes, car Dim Ponn répond en premier lieu à ceux qui cherchent ardemment à défendre d'autres personnes et l'instinct maternel exerce une puissante attirance chez lui, tout comme le rejet amoureux ou la peur de l'abandon. Il offrira par exemple la première étincelle de violence qui poussera une mère à assassiner son mari pour protéger ses enfants de sévices réels ou supposés, paraîtra comme le vieillard affable et protecteur à l'orpheline en mal de repères familiaux, ou suscitera une jalousie destructrice chez l'amante esseulée. En résumé, Dim Ponn se nourrit du besoin viscéral de former une famille, de conserver ses proches, et de fuir la solitude. Et à tort ou à raison, L'Obédience estime que les femmes sont plus susceptibles de rester auprès de lui et d'éprouver un sentiment d'attachement fort envers leur "famille".
Celles qui obtiennent le soutien du Grime finissent généralement par passer à l'acte, en tuant ou mutilant ceux qu'ils estiment à tort ou à raison comme étant à l'origine de la menace qui plane sur leur cercle familial ou personnel. Ce déchaînement de violence est perçu par celles qui le perpètrent comme un acte de légitime défense, et c'est cette conviction "d'avoir fait ce qu'il fallait", pour protéger les siens et parfois sa propre personne, qui les entraîne à leur perte. Celles qui finissent par se complaire dans cette violence et la découvre comme la solution à tout leurs problèmes, deviennent progressivement paranoïaques et se mettent à voir des menaces de plus en plus régulièrement, et dans le même temps acquièrent la certitude qu'une violence exercée contre un danger perçu sera une violence juste et honorable. Cette tendance renforce peu à peu leur conviction qu'elles sont dans leur bon droit et elles perdent de façon indicible mais réelle leur capacité à distinguer les menaces réelles des choses anodines. A terme, la protection absolue de ce qui est considéré comme essentiel au cercle relationnel, la plupart du temps des personnes mais parfois des objets, devient une obsession et un besoin vital pour l'initiée, qui recentre presque intégralement son attachement maladif sur elle-même. Au plus fort de leur désespoir et de leur peur de perdre ce qui leur est cher, à savoir leurs liens relationnelles, ces femmes sont capables de s'en prendre à l'objet même de leur attention si elles estiment que ceci leur permettra de se prémunir du malheur. Ainsi, Dim Ponn, après leur avoir donné la force et le courage de se rebeller contre l'adversité pour préserver les leurs, devient leur seul et unique raison d'être, leur seul lien réel avec autrui, une relation égoïste et auto-centrée qui ne sert que la divinité elle-même.
Les fidèles de Dim Ponn sont rarement nombreux dans le Vieux Monde et tendent à ne pas s'organiser en groupes structurés, car leur corruption résulte plus d'initiatives individuelles qu'autre chose. Cependant, une femme battue qui se sera débarrassée de son mari pourra s'attirer de la sympathie de la part de son entourage ou de son voisinage, et peut finir par éveiller la suspicion d'autres femmes vis-à-vis de leurs compagnon ou de leur entourage, encourageant potentiellement d'autres violences en suscitant doutes et inquiétudes. Une simple rumeur sur un citoyen pourrait pousser une foule à s'en prendre à lui et, alors que cette dernière n'aura pu vouloir que se protéger ou protéger quelqu'un ou quelque chose, Dim Ponn sortira renforcé de cette violence "juste". Parfois, de petits groupes d'individus esseulés finissent par se rassembler dans leur vénération du Grime et fondent un ersatz de famille dont le seul objectif et de s'assurer une protection mutuelle, sous l’œil bienveillant de leur divinité et de leur maître à penser qui souvent est l'une de ces figures de femme forte qui a eu, un jour, le courage de protéger les siens et s'est ainsi taillée une réputation.
En Norsca ou dans les communautés des Désolations, il est bien plus probable de voir des femmes se réunir et prier Dim Ponn pour la sauvegarde de leur communauté, prenant les armes contre les ennemis de la tribu et se défendant sauvagement contre tout agresseur. Paradoxalement, ce seront aussi ces fidèles qui auront le moins de chance de développer paranoïa et violences exacerbées car leur environnement leur offre déjà suffisamment d'adversités pour qu'elles aient besoin de craindre des menaces inexistantes. En revanche, face à quelqu'un mettant ouvertement en danger ou faisant mine d'essayer d'exercer des violence sur leur communauté, elles n'hésiteront pas une seule seconde à le réduire en charpie, quelle que soit son influence, son importance ou l’ampleur de son pouvoir.
Comment utiliser le culte
Il y a peu de chances d'utiliser des fidèles de Dim Ponn pour de grandes batailles, ni même comme un groupe d'agresseurs. En Norsca, dans le Pays des Trolls ou d'autres régions sauvages, il serait possible de rencontrer un culte de Dim Ponn en la personne des femmes d'une communauté prêtes à tout pour défendre les leurs, mais c'est est peu probable, bien qu'il puisse y avoir des exception. Après la Tempête du Chaos, il n'est pas impossible que des communautés entières se soient vu privées des hommes, partis à la guerre et tombés au combat, laissant les seules femmes pour défendre ce qui reste. Ce type de situation peut être propice au développement d'une secte dédiée au Grime, pour peu qu'un individu charismatique les dirige. Par exemple, un petit village isolé du Middenland dont tous les hommes en âge de se battre ou presque seraient morts lors des innombrables batailles contre les troupes d'Archaon, laissant une femme charismatique diriger la communauté et la convaincre de se livrer à des rapines dans les environs et à s'en prendre à tous les étrangers dans le but de permettre aux femmes, vieillards et enfants de survivre en ces temps difficiles.
Il serait également possible de rencontrer des fidèles de Dim Ponn alliés à un autre culte de Khorne, servant alors de sentinelles et de garde du corps à leur chef. Après tout, quelques frêles jeunes femmes auront plus de chances de passer inaperçues et de ne pas éveiller les soupçons.
Par ailleurs, un individu ou une petite cellule de cultistes pourrait servir d'antagoniste dans une aventure dédiée à une série de violences brusques, d'accusations de sévices ou de maltraitances, où les victimes ne seront pas nécessairement celles que l'on croit.